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27.08.2009

En Suisse, une blessure en service est un simple risque gratuit du métier de police.

Je profite de la lecture d’un article du Journal de Genève pour ouvrir le débat sur la gestion des blessures en service et leur indemnisation.

Le système suisse est différemment du notre, c’est certain.

Néanmoins dans ce refus de la justice Helvétique d’indemniser un gendarme, blessé légèrement certes, mais avec une arme par destination (un tournevis) lors de l’interpellation d’un cambrioleur, il y a tout de même un passage, d’après l’article qui me fait bondir.

Je cite :
« Les risques du métier
Enfin, les juges reprennent l’argument que la LAVI (Commission Suisse d’indemnisation ndla) avait elle-même avancé. A savoir qu’un gendarme exerce un métier exposé et doit s’attendre à ce genre de danger. Conclusion: le TA décide que le gendarme n’a droit à aucune indemnité. »

En France l’administration est sensée prendre en charge la défense des fonctionnaires dans de telles circonstances.

Pour autant, un gardien de la paix travaillant dans la région parisienne me confiait il y a peu qu’il devait avancer lui-même dans une affaire de violences à Agent de la Force Publique dont il avait été victime, une somme de six cent €uros à l’avocate qui le défendait dans cette procédure, l’administration ayant refusé de procéder à cette avance. Cette dépense le mettait dans une situation financière difficile.

Évidemment, je ne connais pas cette affaire, donc difficile d'en juger. Ce policier se trouvait néanmoins face à un dilemme pour trouver cet argent.

Pour autant, dans les années 80, mettant fait casser le nez lors d’une interpellation,quand est venu le temps de ma constitution de partie civile, au Tribunal Correctionnel, il m’était répondu que cela ne serait pas possible, puisque c’était à un représentant de l’administration de le faire et qu’il avait visiblement « oublié « de venir…

J’ai donc laissé tomber. Je garde de ce souvenir des cloisons nasales en vrac depuis vingt ans...

Je voudrais donc savoir si certains parmi les lecteurs du Blog ont déjà été victimes de BS, comment cela c’est réglé du point de vue de l’indemnisation, ou s'ils connaissent des cas similaires ?

Source : La Tribune de Genève : http://www.tdg.ch/geneve/actu/attaque-tournevis-policier-ne-indemnise-2009-08-23

26.08.2009

« Anti-flics » : Parce qu’un policier averti en vaut deux !

Porter un tee-shirt, ou un vêtement quelconque marqué de la mention tout à fait lisible « anti-flics » est-ce utiliser sa liberté d’expression ?

 

antiflicshirt.php.pngJ’avoue que je ne possède pas d’avis tranché sur la question. Pour l’heure, je n’ai pas vu un seul porteur de ce genre de vêtement dans ma petite ville de Seine Saint Denis.

 

Pourtant chaque jour, j’en vois d’autre. Marqué fièrement « Caillera » ou « Racaille 93 ».

 

Lorsque l’on sait que le terme « racaille » désigne non pas un habitant de banlieue mais un délinquant d’habitude plutôt violent, cela me laisse songeur.

 

Je ne sais pas s’il est plus préoccupant de s’afficher « anti-flics » ou délibérément comme délinquant…

 

J’en ai discuté autour de moi avant de rédiger cet article. Avec des simples citoyens et avec des policiers. Les avis sont partagés. Certains trouvent cela scandaleux, d’autres pensent qu’il ne s’agit là que d’exprimer librement une opinion. Certains trouvent que le débat à ce sujet est inutile.

 

Soit.

 

Ces tee-shirts sont vendus sur le site Internet d’un fabriquant allemand qui offre la possibilité de franchise personnelle. C'est-à-dire, pour faire simple, que si vous voulez offrir à la vente des vêtements dont vous avez inventé le motif, vous pouvez librement ouvrir une boutique, la société Spreadshirt s’occupe de tout, de l’impression et de la livraison. Le principe est donc extrêmement simple.

 

On peut y commander aussi bien une veste à capuche, « classique » du streetwear banlieusard, qu’un petit débardeur féminin à arracher furieusement si le sujet vous excite assez, en passant par le mug qui rappelle les fondamentaux de la lutte dès le petit déjeuner ou la casquette commode pour éviter d’être identifié par une caméra vidéo en laissant aux opérateurs un message lisible…

 

Pour autant, ce commerce n’est pas anonyme, vous devez fournir votre nom, une vraie adresse postale (qui apparaît sur votre boutique personnelle) et vos coordonnées bancaires pour les rétrocessions sur les ventes.

 

Je suis plus dubitatif sur la justification du marketing. La base-line de cette boutique, c'est-à-dire sa présentation sur Internet, c’est : « Gamme vestimentaire et accessoires contre la police. ».

 

Pourquoi pas…

 

L’argumentaire de vente est celui-là, en page d’accueil de ce magasin virtuel : « Osez afficher fièrement et en toute légalité ce que tout le monde pense tout bas. La démocratie c'est la liberté d'expression quelle qu'elle soi, et un flic averti en vaut deux. »

 

Je ne suis pas assez pointu en Droit pour savoir si de tels slogans sont légaux ou pas. Au passage, l’avis d’un juriste à ce sujet serait utile au débat.

 

anti flics logo.png

S’afficher ainsi « Anti-flics » est-il constitutif d’un outrage à agent de la force publique ? Je n’en suis pas si certain…

 

La mention « Un flic averti en vaut deux », à double tranchant, me fait sourire.

 

Un agent de la force publique doit il, face à un tel porteur de slogan, prendre peur ou plutôt lui accorder une attention toute particulière lors d’un contrôle ?

 

J’entends déjà certain me dire que parler de ce site de vente en ligne, c’est lui faire une publicité qu’il ne mérite pas. C’est sans doute vrai. Mais je préfère aborder le problème de front que de le laisser au fond du tiroir, d’autant que c’est un lecteur de ce blog, policier, qui m’a soumis ce sujet.

 

Finalement, la contre-mesure, dans le domaine de l’expression, serait peut-être de proposer à la vente des tee-shirts «  Anti-Racaille ». Avec près de 280 000 fonctionnaires, policiers nationaux et municipaux et militaires de la Gendarmerie en France, voilà un marché potentiel qui me semble prometteur. Sans compter les sympathisants des forces de l’ordre…

 

Après tout, il suffirait de créer une boutique « Pro-flics » et de réfléchir un peu à des motifs et slogans…Peut-être même qu’un jour Monsieur Sarkozy ira faire son footing en portant un tel motif plutôt que celui de la Police de New-York ? Une publicité en or !

 

La liberté d’expression, c’est peut être cela tout simplement. Opposer calmement aux opinions les plus extrêmes une réponse sensée et concrète. Sauf que je ne doute pas une seconde que si les policiers, en civil, se mettaient à porter de tels motifs, la presse et certains milieux « intellectuels », à ce moment là, hurleraient à la provocation, au manque de retenue et de neutralité auxquels sont astreint les forces de l’ordre…

 

Finalement, si ce billet augmente la population de porteurs de tee-shirts « anti-flics », en multipliant les policiers avertis par deux, cela contribuera par l’absurde à régler virtuellement les problèmes d’effectifs au Ministère de l’Intérieur….

 

Ps : Merci à Thomas G pour l'information.

 

 

Bonus du débat : Et vous, quels sont les slogans les plus engagés, dans ce domaine, que vous avez pu lire sur des vêtements ?

 

La boutique anti-flics : http://antiflics.spreadshirt.net/fr/FR/Shop/Index/index

25.08.2009

Rester avec les morts : le sale boulot oublié des flics.

Quand certains journalistes parlent du travail des forces de l'ordre, ils oublient souvent que leur quotidien, souvent, c'est aussi intervenir sur les accidents de la route comme celui montré dans la dernière vidéo de la prévention routière anglaise.

Dans le film-polar "Diamant 13", qui commence par des constatations sur un accident mortel lors d'une permanence de nuit, Depardieu cite cette réplique :"Tous les flics font des cauchemars, cela fait partie du barda."

Dans ces circonstances, nos amis les pompiers font le métier noble : sauver des vies.

Nous nous restons seuls avec les morts, pour tenter de comprendre. Le sale boulot en quelque sorte. Celui que tout le monde occulte. Cette vidéo, c'est finalement exactement un compte-rendu d'enquête d'accident mortel.

Mon cauchemar c'est une jeune femme enceinte de six mois écrasée lentement par un camion alors qu'elle avait emprunté la moto de son mari un jour de grève RATP et avec laquelle elle était tombée doucement entre les roues du poids lourd dont le chauffeur, traumatisé, ne l'avait pas vue. Un accident qui s'est déroulé dans les embouteillages. Au pas.

Ce n'était pas plus dégueulasse de d'habitude, mais nous avons tiré à la courte paille lequel d'entre nous appellerait et auditionnerait son mari. Après on s'est saoulés proprement. Le côté affectif de l'affaire sans doute. Nous étions tous de jeunes papas.

Des cadavres, nous en avons croisés tellement. Mesurés, photographiés, déshabillés. Et pour certains, lorsque cela s’avérait nécessaire, nous avons assisté à leurs découpages sur les tables d’autopsie.

Des jeunes, des vieux, des deux sexes, parfois des bébés…Dans tous les états imaginables.

Mais dans le domaine des accidents de la route, l’intervention prend souvent en compte également les cris dans la tôle froissée, des hurlements à l’extraction…le temps que les sapeurs-pompiers sauvent ceux qui peuvent l’être.

Alors, pour une fois, peut-être qu’il serait utile de se rendre compte de ce que les flics peuvent avoir à encaisser de manière régulière. Surtout les plus jeunes. Après on se blinde. Enfin, on se cuirasse en surface mais cela reste gravé au fer rouge au plus profond de chacun de nous…

Cette campagne de la sécurité routière anglaise est dure. Très. Ce n’est pourtant que la réalité.

Cliquez ici pour voir la vidéo. (Attention les images peuvent choquer)


 
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